Les Personnages du livre

Durant la guerre, la RAF appliquait une stricte censure aux écrits des pilotes pour préserver le secret militaire. Dates, noms, lieux et types d’appareils ne devaient apparaître dans aucun document personnel.

Dans Chasseurs, mes frères, Marc Lissy se conforme à ces règles toujours en vigueur lors de la publication du livre (1947). Plutôt que d’identifier précisément ses personnages, il choisit de décrire leur caractère et leur personnalité. Cette approche confère au livre sa dimension universelle : depuis des générations, chaque pilote, et même chaque lecteur, peut se reconnaître dans l’un des protagonistes

« Ce livre a pour moi valeur historique. Il me suffit de changer les noms de personnes, d’avions et de lieux, pour retrouver ce que j’ai vécu en escadrille. »

Colonel Denis Turina, EA62, pilote de chasse.

L’identification des protagonistes fut révélée par le Général Clausse, « Le Patron », commandant du III/6 pendant les événements, dans sa postface de la réédition de 1981 (retranscrite ci-dessous).

La réédition de 2024 a permis l’identification des derniers personnages.

En Italique : La Postface écrite à Antibes le 30 novembre 1980 par le Général Clausse. « Au nom de tous, Merci encore, Poète. »

Personnages principaux

Le Poète : Marc Lissy – Lieutenant Marcelin Labas

1913 – 1990

Officier de réserve — Ingénieur agronome en fonction au Maroc et rédacteur en chef d’un hebdomadaire littéraire. Après une guerre mouvementée, sous bien des aspects, a aggravé son cas en persévérant dans son erreur comme pilote de ligne à l’U.A.T., puis à l’U.T.A. A abandonné, hélas pour nous, la littérature et la peinture. Il profite tranquillement de sa retraite dans la région parisienne en se réservant le plaisir et la joie de « s’empoigner » aux échecs avec notre vieil ami Pipo.

Recherches de FX Bibert : Marcelin Labas

Marcelin Labas, Marc Lissy, Le Poète. Chasseurs, mes frères.
Marcelin Labas en 1937
Le quai de la Mégisserie à Paris. Peinture de Marcelin Labas, propriété de la famille Dellhemmes.
Le Poète, Marc Lissy, Chasseurs  mes frères.
Le quai de la Mégisserie à Paris. Peinture de Marcelin Labas, propriété de la famille Dhellemmes.

Pipo : Lieutenant Michel Dhellemmes

1915 – 2001

Issu de Polytechnique et jeune pilote. On n’a jamais su s’il était hypergonflé, inconscient ou plaisantin. A quitté l’Armée pour faire une brillante carrière dans l’industrie privée et finir Secrétaire Général d’une énorme société de travaux publics. Actuellement à la retraite, il collectionne les présidences d’honneur, à titre bénévole, bien entendu. Parisien provoque régulièrement le Poète aux échecs.

Études : École Massillon et Lycée Saint-Louis à Paris. 

Diplômes :  Ancien élève de l’École polytechnique, Licencié en droit, Diplômé d’études supérieures.

Carrière : Officier pilote de chasse de l’armée de l’air (1938-45), il survolait la ville de Cagliari en Sardaigne dans son avion le 8 mai 45 quand il a entendu dans sa radio que la guerre était terminée, Ingénieur en chef des Tabacs de Tunisie (1942), Attaché au cabinet d’Edmond Michelet, ministre des Armées (1945), Ingénieur à la Banque de Paris et des Pays-Bas (1946 – il était surnommé « Jésus » par ses collaborateurs  pour son intégrité et sa rigueur morale), Directeur administratif et financier (depuis 1963) et Secrétaire général (1970-74) de la Société générale d’entreprises, Secrétaire général de la Caisse nationale des entrepreneurs de travaux publics (1974), Administrateur d’organismes sociaux et d’établissements hospitaliers, Président (1976-86), Président d’honneur (depuis 1986) de la maison des polytechniciens. 

Michel Dellhemmes, Pipo, chasseurs mes frères
Michel Dhellemmes, Pipo. Archives personnelles de la famille Dhellemmes.
Lt Dhellemmes devant son P39 du III/6. Archives personnelles de la famille Dhellemmes.

Le Vieux : Lieutenant Jean Hervé

1907 – 1996

Son infirmité était due à son grand âge, connu seulement de quelques amis. Il avait falsifié son état civil après son évasion par l’Espagne, pour pouvoir jouer avec nous. Aussi malin en l’air que devant une table de poker, a tenu jusqu’à l’armistice. S’est retiré à Papeete dont il est originaire et profite toujours (je le pense et le souhaite) de sa retraite. Oh le Vieux, m’entends-tu ? J’en doute.

Brétaud : Lieutenant Charles Goujon

1912 – 1957

Ancien partenaire à ce groupe du Lt Le Gloan, grand as de cette guerre et dont je salue ici la mémoire un peu trop oubliée à mon gré. C’était la joie de vivre. Ses qualités de pilote exceptionnel lui ont ouvert l’accès des essais dans le secteur outil. Il est mort, volatilisé par l’explosion en vol d’un avion fusée.

Biographie : Charles Goujon est né le 12 mars 1912 à Paris. Pilote de chasse pendant la Seconde Guerre mondiale, il a effectué 193 missions et obtenu cinq victoires. Après la guerre, il devient pilote d’essai, rejoignant Morane-Saulnier en 1946, puis la SNCASO en août 1947. Il participe à la mise au point de plusieurs appareils, dont le SO.30, le Triton, le Vautour et l’Espadon. Le 15 décembre 1953, il franchit officieusement le mur du son en vol horizontal à bord d’un prototype Espadon, devenant ainsi le deuxième pilote européen à réaliser cet exploit. Il joue également un rôle clé dans le développement du SO-9000 « Trident », un avion à réaction équipé de moteurs Turboméca « Gabizo » et de fusées SEPR. Le 21 mai 1957, lors d’un vol de préparation pour le Salon de l’Aviation, il trouve la mort au Bourget lorsque son Trident II se disloque en piqué.

Il a écrit un livre intitulé «Trident ».

Recherches de FX Bibert : Charles Goujon

Charles Goujon, Brétaud
Chasseurs mes frères
Charles Goujon, collection CH Goujon.
Courrier Signé Charles Goujon
Chasseurs mes frères
Un courrier aérien sur Trident signé Charles Goujon

Jules : Lieutenant Louis Gatard

1918 – 1950

Troisième membre de la patrouille. Poète, Bretaud, Jules, les inséparables. Aussi gai et retors que Goujon, c’était un pilote remarquable. Toujours aux avant-postes, il est mort en Indochine, écrasé dans la carlingue d’un King Cobra. Touché par la D.C.A. le moteur a cessé tout service. Jules travaillant son avion jusqu’au dernier moment pour crasher au mieux dans une rizière a touché une diguette du bout du plan et ce fut la catastrophe.

Biographie : Le Capitaine Louis GATARD (1918-1950) commence sa carrière militaire à l’École de l’Air en 1938. Breveté pilote en 1939, il sert d’abord en Afrique française où il est affecté au groupe de bombardement 1/63 à Bamako. En 1943, il rejoint le Groupe de Chasse III/6 « Roussillon » en Algérie avant de participer à la libération de la France en 1944-1945. Après plusieurs affectations en métropole et au Maroc, il part en Indochine en 1949 avec le Groupe de Chasse 2/5 « Ile de France ». Il y trouve la mort en service aérien commandé le 16 janvier 1950, après une carrière distinguée par trois citations avec croix de guerre des TOE. Il totalise 1639 heures de vol, dont 300 en vol de guerre réparties sur 177 missions.

Grades :
– Sous-lieutenant 1939
– Lieutenant 1941
– Capitaine 1945

Louis Batard. Jules. Chasseurs, mes frères.
Louis Gatard, dit Jules
Louis Gatard sur l'aile de son P39. Archive personnelle de la famille Gatard.
Louis Gatard sur l’aile de son P39. Archive personnelle de la famille Gatard.
Louis Gatard dans son P68 KingCobra. Archive personnelle de la famille Gatard.
Louis Gatard dans son P68 KingCobra. Archive personnelle de la famille Gatard.

La Petite Chose : Lieutenant André de La Motte de Broöns Vauvert

1919 – 1946

Que de grandes choses dans une petite enveloppe. Il n’avait pas le complexe des petits et il avait raison car tout était grand en lui, sauf la taille. Il est mort à son poste de pilote dans un P47 quelque temps après l’armistice. En 1978, je donnais le bras à sa vieille maman lors du baptême de la promotion de l’École de l’Air qui porte son nom. Cette noble personne n’était pas triste d’avoir perdu son fils. Par contre elle était très fière d’avoir donné deux de ses enfants à la France. Merci Madame de ce grand exemple.

Biographie : André de la Motte est né le 19 novembre 1919. Entré à l’École de l’air en septembre 1938, il entre dans la résistance après l’Armistice. Arrêté, il s’évade et rejoint l’Afrique du Nord. Il est affecté au groupe de chasse III/6 Roussillon, avec lequel il participe aux opérations du front de Méditerranée, d’Italie et d’Allemagne . Il trouve la mort en service aérien commandé le 11 février 1946 à Mondelange (Moselle).

André de la Motte. La Petite Chose. chasseurs mes frères.
André de la Motte. La Petite Chose.
André de la Motte, La petite chose. Chasseurs, mes frères
André de la Motte.

Onésime : Lieutenant Henri Gantes

Le chansonnier pied-noir du groupe et précurseur talentueux de Bourvil. Avec ses analyses subtiles et son sens du comique naïf il nous faisait rire, même aux enterrements. Après une carrière à Air France (je crois) il profite de sa retraite dans la banlieue parisienne. Alors, dis, mon frère, tu nous snobes.

Achille : Lieutenant Henri Ghesquière

1915 – 1987

Le sémillant balafré que rien ne surprend aussi bien en vol qu’au sol. Baroudeur chevronné a poursuivi sur sa lancée en Indochine et en Algérie. Après une deuxième carrière dans le civil profite de sa retraite sur la Côte d’Azur. Il s’ennuie de ne plus rien faire.

Achille. Henri GHESQUIÈRE. Chasseurs mes frères
Henri Ghesquière, Achille.

Mérovée : Lieutenant Louis de Pinsun

1914 – 2008

Le viking imperturbable et nonchalant. Avait compris que la forme supérieure de l’intelligence était le silence, même quand il aurait dû parler. Coule une douce retraite dans sa propriété paloise.

Mérovée. Louis de Pinsun. Chasseurs mes frères.
Louis de Pinsun, Mérovée.

Léon : Lieutenant Antoine de La Villéon

1919 – 1989

Électrique et chatouilleux il était toujours prêt à la parade et à la contre-attaque. Dis-moi Léon, était-ce bien de l’eau qu’il y avait dans le seau hygiénique que tu m’avais balancé à la figure. A quitté l’Armée comme Colonel pour faire carrière dans l’enseignement en tant que professeur de mathématiques au collège militaire de Saint-Cyr.

Antoine de la Villéon. Léon. Chasseurs, mes frères.
Antoine de la Villéon, Léon.

Moulins : Lieutenant Roger Démoulin

1919 – 1944

Commandant de la 1ère Escadrille

Commandant d’Escadrille. Le renard dans une peau d’ours. D’une sensibilité extrême, jouait les bourrus pour tenir en mains tous ses subordonnés qui étaient ses amis. Tué de plein fouet en bombardement en piqué du pont de Gaiola en Italie. Il était à mes côtés et je vois encore son P39 poursuivre sa trajectoire pour exploser à quelques mètres du pont.

Recherches de FX Bibert : Roger Démoulin

Roger Démoulin. Moulins
Chasseurs, mes frères
Roger Démoulin, Moulins.

Le Brigadier : Lieutenant Yves Rupied

1917 – 2001

Commandant de la 2ème Escadrille

L’autre Commandant d’Escadrille. L’opposé du précédent. Fin et racé tenait son monde par son charme et son esprit tout en étant brillant et gonflé en vol. Belle carrière sanctionnée par les étoiles. Profite je crois de sa retraite quelque part dans le Cotentin où il se laisse aller à la rêverie mystique. Acteur principal du vol du Toubib.

Biographie : École de l’air 1937, puis affecté en 1939 au groupe de chasse III/7; départ avec son groupe pour le Maroc, puis Dakar. Retour en France en 1944, en occupation en Allemagne en 1945, commandant du I/3, affecté au Maroc en 1946, en Indochine en 1947, en Tunisie en 1949. Prend le commandement de la 4e escadre de chasse en 1953. Affecté au comité intérimaire de la communauté européenne de Défense et à l’état-major des forces armées en 1954 et à nouveau à l’état-major interallié du commandement en chef des armées Sud-Europe à Naples en 1955. Envoyé à Postdam en mission militaire française puis en URSS en 1957, chef du 2e bureau de l’EMAA en 1959, attaché de l’Air à Ottawa en 1961, à l’école des opérations aériennes combinées à Baden-Oos en 1964, expert militaire Air auprès du Sénat en 1965. En congé du PN en 1967.

Grades :
– Sous-Lieutenant 1939
– Lieutenant 1941
– Capitaine 1944
– Commandant 1948
– Lieutenant-Colonel 1953
– Colonel 1960
– Général de BA 1967

Recherches de FX Bibert : Yves Rupied

Yves Rupied. Le Brigadier. Chasseurs, mes frères
Yves Rupied. Le Brigadier.

Bébert : Capitaine Gilbert Prayer

1915 – 2008

Commandant en second du III/6. Général de Corps Aérien, Inspecteur Général de l’AA en 1970

Que d’années avons-vous passées ensemble depuis notre première rencontre en 1938. Notre vieille amitié ferait peut-être de moi un mauvais juge au regard d’esprits chagrins. Je préfère tout simplement rappeler qu’il a terminé la carrière comme Inspecteur Général de l’Armée de l’Air. Il profite d’une douce retraite vers Bourg-en-Bresse en goûtant aux joies d’être un grand-père gâteau.

Carte signée du Général Prayer.

Le Patron : Commandant Raymond Clausse

1913 – 2003

Commandant du GC III/6 à partir de mars 1944. Tout son charisme est retranscrit dans le chapitre Le Patron.

Après trente-deux ans de services, a quitté l’Armée en 1962 pour se reconvertir dans le civil, dans les secteurs pêche, chasse, golf. Il pense à juste titre que la retraite est la période la plus agréable de la carrière militaire. Je me garderais bien de porter un jugement sur le gars qui pendant trente années d’Armée de l’Air a « embêté » aussi bien ses chefs que ses subordonnés. D’autres sont bien placés pour le faire.

Biographie : Élève à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1931, puis école militaire et d’application de l’armée de l’Air. Affecté en 1935 à la 3e escadre de Dijon. Participe à la campagne de France, replié en 1940 en Algérie avec son groupe. Affecté en 1943 à l’école de chasse de Meknès, en 1944 au GC III/6, puis participe à la campagne d’Allemagne. Affecté au commandement de l’Air en Tunisie en 1946, envoyé en Indochine en 1949 comme chef d’état-major du général commandant de l’Air. Nommé commandant de la base de Tours en 1951, affecté au commandement de la défense aérienne du territoire à Versailles en 1956. Nommé premier sous-chef d’état-major en 1958, commandant du groupement aérien tactique n° 2 puis commandant de l’aviation légère de l’armée de l’Air en 1961. En congé du personnel navigant en 1962.

Grades :

– Sous-Lieutenant 1931
– Lieutenant 1935
– Capitaine 1939
– Commandant 1944
– Lieutenant-Colonel 1948
– Colonel 1954
– Général de BA 1960

Raymond Clausse. Le Patron.
Chasseurs, mes frères
Raymond Clausse, Le Patron.
Raymond Clausse dans son P47.

Personnages cités par le Général Clausse

Panouille : Lieutenant Henri Pagès

1914 – 1985

Grand invalide, mais toujours présent.

De son vrai nom Irénée Henri Pagès. Probablement Sergent au GC I/6 en 39/40. Grièvement blessé le 20 mai 1940 en combat aérien, son Morane 406 n° 844 ayant été abattu en flammes.

Tatave : Lieutenant Octave Labussière

1917 – 2014

Poète officiel.

Le Gros : Lieutenant Marie Barré de Saint-Venant

1914 – 2003

Le roi de la vrille à plat.

C’est le « Marab » dans le chapitre Une arrivée qui promet. Il est le petit-fil de Adhémar Barré de Saint-Venant, le père des Équations Barré de Saint-Venant.

L’Amiral : Lieutenant de Vaisseau Michel O’neill

1916 – 1999

Cerbère des opérations et mon garde du corps dans les sorties risquées.

Probablement son fameux garde du corps dans la scène de la boite de nuit.

Michel O’Neill, l’Amiral.
L’Amiral prend procession de son P47.
Pourquoi des Marins dans l’Armée de l’Air en 1944 ?

En 1944, l’US Navy rééquipe les flottilles françaises 3F et 4F avec des Douglas SBD, et les 6F et 8F avec des PBY Catalina. Cependant, elle refuse de fournir de nouveaux appareils à la 1F, unité théoriquement embarquée, en raison de l’absence de porte-avions opérationnels français. Plusieurs options sont alors envisagées, y compris l’envoi des pilotes en renfort au Normandie-Niemen. Finalement, la solution retenue est la dissolution de la 1F le 15 mai 1944. Les vingt pilotes sont répartis en quatre détachements et intégrés dans des Groupes de Chasse de l’Armée de l’Air (II/6, III/6, I/7 et II/7), opérant sur Spitfire, P-39 et P-47. Ces marins combattent jusqu’en mai 1945, puis réintègrent la Marine à Hyères. Nous retrouvons donc au GC III/6 le Lieutenant de Vaisseau O’Neill, les Enseignes de Vaisseau de 1ʳᵉ classe de Carpentier (dit Carpette) et Lenglet, le Premier Maître Maulandi et le Second Maître Marpaud.

FX Bibert publiera un article détaillé et complémentaire à Chasseurs mes frères sur JM Lenglet.

Personnages secondaires

Le Prestigieux : Commandant Edmond Marin la Meslée

1912 – 1945

As français le plus titré de la Campagne de France (20 victoires). Surnommé le Guynemer de 39-45.

Biographie : Né le 5 février 1912, à Valenciennes (Nord). Originaire d’une famille de Haute-Savoie. Etudes au collège St-Joseph de Lille. Son père fonda l’Aéro-club de Valenciennes.

Breveté pilote en 1931. Engagé par devancement d’appel en 1931. Breveté observateur réserviste avion en 1932 et affecté au 2° régiment de chasse de Strasbourg. Peloton E.O.R. d’Avord. Sort major de sa promotion. Démissionne rengage pour deux ans comme sergent. Admis à l’école de l’Air de Versailles, en 1936. Affecté à la 5e Escadre de chasse à Reims en 1937. Vole sur Dewoitine 501 et Curtiss P. 36. Remporte 20 victoires durant la Bataille de France. Prend le commandement du « 1/5 Champagne », lors de la blessure de son chef, le capitaine ACCART en 1940. Rejoint l’Afrique du Nord à l’armistice (20-6-1940).

« Officier pilote de chasse aux qualités exceptionnelles de chef et d’exécutant, qui, par ses 20 victoires et ses 10 citations à l’ordre de l’Armée, a attaché a son nom le prestige qui revient au premier des combattants aériens de la guerre 1939-1940. »

Participe aux opérations de Coastal Command sur P39 en Algérie après le débarquement allié en Afrique du Nord fin 1942. Vole ensuite sur P47. Abattu par la Flak en 1945, à Rustenhart (Haut-Rhin), près de Colmar, en attaquant un convoi ennemi.

« Chasseur d’un prestige inégalé, doué des plus belles qualités d u chef dont il était le type accompli, et qui faisait jaillir autour de lui, par son seul exemple, l’enthousiasme et l’ardeur en même temps qu’il forçait l’admiration de tous.
… Conduisiait son groupe à la délivrance de l’Allemagne lorsque, le 4 février 1945, il trouva à l’ennemi une mort glorieuse à la mesure de sa vie : en tête de la formation qu’il commandait. 
Pur visage de l’aviation de chasse dont il était l’incarnation, il restera par ses vertus et sa gloire, une des figures les plus éclatante de l’Armée de l’Air et un des héros les plus noble de la Nation. »

Grade :

– Caporal-chef pilote 1932
– Sous-Lieutenant de Réserve 1932
– Sous-Lieutenant 1937
– Lieutenant 1939
– Capitaine 1941
– Commandant 1944

Edmond Marin La Meslée. Le Prestigieux. 
Chasserus, mes frères.
Edmond Marin La Meslée. Le Prestigieux.

X (ou Pierrot) : Lieutenant Pierre Le Gloan

1913 – 1944

As français de 39-45. Mentionné par Le Prestigieux « X faisait le Province… » dans le chapitre La Gent Chasseresse ou par l’auteur sous le nom de Pierrot dans le chapitre Souvenirs. Pierre Le Gloan volait dans le Groupe III/6 « Roussillon » .

Biographie : Né le 6 janvier 1913 à Kergrist-Moëlou, il est un pilote de chasse français renommé de la Seconde Guerre mondiale. Il s’engage dans l’Armée de l’air en 1931 et se distingue rapidement par ses compétences exceptionnelles en pilotage et en tir. Au cours de la guerre, il totalise 18 victoires homologuées et 3 probables, ce qui le place au quatrième rang des as de l’aviation française. 

Le Gloan est particulièrement célèbre pour avoir abattu, le 15 juin 1940, cinq avions italiens en une seule mission, un exploit rare dans l’histoire de l’aviation militaire. Fait notable, il a remporté des victoires contre des appareils allemands, italiens et britanniques (volant alors sous le régime de Vichy).

Le 11 septembre 1943, lors d’une mission en Algérie, son avion subit une panne moteur. Tentant un atterrissage forcé avec un réservoir auxiliaire non largué, son appareil explose à l’impact, entraînant sa mort à l’âge de 30 ans. 

Pierre Le Gloan. Pierrot. Chasseurs, mes frères
Pierre Le Gloan. Mentionné sous X ou Pierrot.

Muche : Lieutenant Jean Bertrand (Probable)

1907 – 1944

Biographie : Jean Bertrand, dit Trucmuche, s’engage dans l’aviation en 1925 et obtient ses ailes en 1930. Il intègre le GC III/7 et participe à la campagne de France en 1940. Le 14 mai 1940, en mission de couverture sur le secteur de Sedan-Flize et volant sur MS 406, une patrouille triple du III/7 composée de l’adjudant-chef Jean Bertrand, l’adjudant Albert Littolff et le lieutenant Yves Mourier, va s’adjuger quatre Henschel 126 en une heure environ. Abattu et gravement blessé le 31 mai, il est décoré pour ses exploits. Après sa convalescence, il quitte la France en 1942 pour rejoindre la France Libre via l’Espagne et le Maroc, où il s’engage dans le régiment de chasse « Normandie » en décembre 1943. Il effectue 28 missions de guerre avec cette unité. Le 26 août 1944, en Prusse-Orientale, son avion est endommagé lors d’un piqué et s’écrase. Ni son corps ni son appareil ne seront retrouvés.

Extrait du Journal de Marche du Régiment de Chasse Normandie-Niemen

26 août 1944 :
Beau temps.
Au cour de la journée, les patrouilles font leur travail de chasse libre
habituel. Sorties de trois patrouilles de la première et de deux patrouilles de
la troisième.
A 12h 30, la patrouille Bertrand-Marchi atteint une route à l’ouest de
Goumbinnen et amorce de 4.000 mètres un piqué. Il semble que Bertrand
pousse trop son piqué. Marchi, sentant les commandes durcir, réduit et cesse
de piquer lentement, malgré cela dans sa légère ressource, il perd son « cockpit ». Il voit au-dessous de lui Bertrand qui a continué à piquer, perdre
une partie d’un plan du Yak et passer en vrille à 1.000 mètres. Marchi rentre
seul ; Bertrand ne revient pas et est porté disparu, sans grand espoir pour
nous qu’il soit vivant.

Jean Bertrand, dit Trucmuche
Chasseurs mes frères
Jean Bertrand, dit Trucmuche.

Poucette : Sous-Lieutenant André Rigaud (Probable)

1916 – 2013

Pilote de la 1ère Escadrille

P39 Airacobra du III/6 Roussillon.